
Période de vacances oblige-et une pensée pour ceux qui y sont sous la pluie-je ne pouvais pas ne pas partager avec vous quelques petits moments de mon initiation dans le monde du camping….
Tout d’abord, quand on veut retourner au monde naturel, il faut se départir de son visage de citadin-organisateur et accepter qu’une fois pour toute, au téléphone, on ne vous réservera pas d’emplacement pour une nuit seulement (et ce même après avoir harcelé une dizaine de camping à raison de 3 à 4 coups de fil chacun), à vous de vous en remettre à la chance ou au Dieu-gazon pour qu’au jour J, on vous accorde quelques mètres de terrain…et puis aussi, soyez heureux de parler français, vous, car certains, même arrivés avant vous, auront un joli endroit exigu près de la route et des roues des noctambules, tout ça car ils ne maîtrisent pas la langue de Molière et que ce n’était pas du goût du Nabab de Pavalas-les-flots…(y a des baffes qui se perdent comme dirait notre gaulois Obélix).Après, grâce à votre tente magique (voir autre article), tout semble prêt en un clin d’œil, sauf si vous êtes d’un naturel précautionneux et que sentant le mistral capable de se lever et de vous souffler votre maisonnée de toile mieux qu’un Grand Méchant Loup, vous souhaitez arrimer le tout avec des sardines….mais sans marteau ni pierre pour rejouer la Guerre-du-Feu discrètement…il faudra donc commencer à sympathiser avec les habitués qui vous prêteront-regard ironique en coin-leur super tip-top marteau.
En évoquant les habitués, vous constaterez vite que dans le camping, il y a vous, petit débutant gentillet, et les pros de la chose, équipés de tong-en-cap, ne gardant de l’idée de camping que la tente-laquelle peut s’avérer gigantesque avec auvent, triple épaisseur et chambre pour enfants. Ainsi arborent-ils TV, four, barbecue, glacière super-design en toute simplicité…Et puis eux, ils auront cédé au second élément indispensable de tout bon campeur : la table-banc-mallette : ne rigolez pas, tout le monde en avait de ces magiques tablettes d’appoint qui –là encore la magie du dépliage rapide- fournit un lieu envié pour poser son popotin après la nuit à ras des paquerettes. Mais le pire, c’est que vous, vous n’aurez pas penser au basique en fait, à l’incontournable pourtant évident : par exemple, dans la nuit, en dépit d’une soirée à jouer les chameaux sans boire pour ne pas avoir à braver la nuit, le silence et donc la NATURE LA NUIT DANS LE SILENCE, vous n’y tiendrez plus et vous devrez vous rendre aux water-closet…et bien là, selon de rapides statistiques établis auprès des Bleus comme nous, vous aurez une chance sur deux d’y aller sans le rouleau préposé à la chose…oui car on doit TOUS amener SON rouleau pour WC, c’est logique…et bien sûr, vous avez une chance sur deux de l’y oublier en revenant à la tente…ce qui arriva à votre serviteur à 5h du mat, et ce fut un grand moment de solitude de slalomer entre les fils tendus et d’entendre le doux bruit de ronflements des voisins, tout ça à la lampe torche…Je vous passe l’épisode de la vaisselle sans bac ni produit…là encore, ce fut un appel au bon cœur des autres campeurs…
Je ne saurais trop vous recommander de vous munir d’un détail qui peut avoir son importance si la Nature vous est quelque peu inconnue : de bonnes boules quiès pour ne pas tressauter à la limite de l’arrêt cardiaque dés qu’une feuille tombe sur la toile très-trop fine de votre tente ou en entendant un nouveau hululement au cœur de la nuit, vous faisant croire que vous venez de débarquer sur une autre planète habitée par d'énormes bestiaux non référencés dans la Grande Galerie de l’Evolution et bien sûr très capables de passer la barrière de sécurité qui délimite le camping…En évoquant les bêbêtte, les petites sont toutes aussi redoutables, de la guêpe qui a refilé la bonne adresse à sa ruche complète aux Mosquitos assoiffés de VOTRE sang (et pas de celui du voisin, c’est fou ça !) en passant par toutes les tailles d’araignées du matin ou du soir-vous n’avez plus qu’un seul espoir : qu’elle ne niche pas au fond de votre duvet protecteur ! Mais, bon, ces quelques petites étapes initiatiques dépassées, comme l’humidité nocturne et la canicule dés que dardent trop les rayons solaires, ce sont bels et bien les AUTRES que vous aurez envie d’adorer ou de livrer en pâtures aux oiseaux nocturnes : des gentils dépanneurs aux enfants brailleurs, oui car sachez que le camping, si c’est moins cher pour vous, ça l’est également pour la famille de 5 mômes et donc ça vous fera des voisins 5 fois plus bruyants…
Mais bon…qu’est-ce que tous ces petits tracas au regard d’une fusion nouvelle avec Dame Nature en regardant les étoiles parsemées au dessus de vous ? Quand vous ressentirez enfin que votre dos a des muscles au contact du sol rude ? Quand votre douce moitié se blottira au coin de vos bras salvateurs pour ne pas frissonner ou pour échapper aux petites bêbêttes ??
Et puis, il y a aussi des rencontres….des rencontres TRES dépaysantes, celles que vous faîtes avant d’aller prendre votre douche, quand vous constatez que la propreté est une notion toute relative pour l’ensemble des campeurs qui vous cernent et que vous haïssez soudain très fort, à deux doigts de lâcher là : tente, sardine, duvet et tutti quanti pour une nuit d’hôtel même à un prix prohibitif…
jusqu’à ce que, trottinant dans l’eau gadouilleuse du local de douche, en terrain conquis bien qu’un peu intimidée par votre présence, Minnie Mouse vienne vous faire coucou et que vous éclatiez de rire en vous disant : Nan…je rêve…j’ai vu sa jumelle dans les rails du métro juste avant de partir…ben oui, quoi, y a des rats des villes qui partent en camping aussi !