poissonchat

L'Omnichef

 

Depuis quatre années que je suis l'heureuse détentrice d'un CDI, ma chef ressemble à une planquée maline qui nous laisse faire le travail à sa place et aime à se cantonner dans son train-train poussif...C'était déjà assez énervant de devoir se traîner un boulet ainsi mais dorénavant le réveil de la "bête" a eu lieu...Et si avant je ne pouvais plus la voir, là, j'ai des élans de violences dangereuses à son encontre...

Comme tout a une explication, je pense que la période des augmentations arrivant à grands pas, il est effectivement plus judicieux qu'elle sorte de sa tannière deux mois sur 12 pour argumenter sa requête de reconnaissance pécunière (et que les 10 mois restant, nous continuons comme des ânes à bosser pour sa Majesté-la-Chef), mais je crois surtout qu'elle s'est laissé influencer par les prouesses de notre Sarko national car, pour reprendre le nouveau nom de baptème de Nicolas dans le Canard enchainé : après "l'Omniprésident" omniprésent sur tous les fronts et dans tous les médias, voici venue l'ère de l'OMNICHEF...

Dans les faits, ça se traduit par sa précipitation très bonne élève devant tout tiers venant demander un travail afin de  prendre en charge toute tâche jusque là dédaignée et principalement quand c'est en rapport avec les autres chefs de service ("les torchons avec les torchons et les serviettes de chef avec les serviettes de...), bref, finie d'être une lavette !...... En apparence...  Car par derrière, quand nous sommes seules ma collègue et moi avec l'OMNICHEF, celle-ci redevient l'assistée de service et les petites-mains que nous sommes oeuvrons pour sa gloire en pleine lumière...pour reprendre l'affiche d'Alien : "Dans l'espace infini, personne ne vous entend crier....", voir : tout le monde s'en bat les couettes si vous tirez la langue, arborez un  teint verdâtre d'enervement maximum et de fatigue continue...les autres chefs ne veulent pas se mouiller à vous sauver, seule solution avant la noyade : faire sa victime en pleurnichant dans les C.E ou  scruter avidement les annonces de job, fantasmant que vous allez planter cette Shiva-aux-quatre-bras-en-toc à un moment crucial de sa représentation, histoire que le masque tombe et qu'on sache enfin quelle incompétente manipulatrice se cache sur son fauteuil moelleux de chefitude...

 Mais ça, ça n'arrive qu'au cours de la représentation de la pièce inventée par Hamlet (dans la pièce éponyme de Shakespeare) pour démasquer le meurtrier de son père...Un monde où le théâtre dans le théatre fait office de réalité...Non, là, il faut que je redescende dans le monde impitoyable du travail où sévit depuis 17 années en toute impunité cette saloperie...

Et c'est bien connu, dans le monde du travail, seuls les J.R s'en sortent....(mais ils sont moches et ils font peur aux petiots avec leur faux sourire, si, si, ça console!)

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SOS pilote automatique

En ce moment, fin de l'hiver, temps pluvieux, énergie au plus bas....Il paraît que c'est normal, et que, même en ayant slalomé entre les virus de la grippe normale, aviaire ou folle, les gastro en série et les gros rhub', on fonctionnerait tous un peu selon l'expression consacrée : "au radar"...ou plutôt, "comme on peut avec le reste de ressources dans la jauge"...

Mon ami prof qui en était, au vu de son exténuation totale, avant les vacances, à se mettre au lançer d'élève (plus drôle que le lançer de nain) m'a par exemple raconter une heure de cours avec des enfants en difficultés (euphémisme...) : pour leur arracher le : "I am, he is, you are" qu'ils avaient pourtant appris la semaine précédente, il aura fallu à mon patient éducateur une heure de répétitions lénitives où l'apprentissage de la langue de Shakespeare n'était donc bien qu'une utopie...Pour reprendre donc son expression : il s'est branché en "mode pilote automatique" et s'est mis à répéter, répéter, répéter..malgré la fatigue et l'ennui assommant...

Mes amies maman m'ont aussi récemment parlé de ce monde parallèle lorsqu'il faut en rentrant du boulot se coltiner les corvées de ramassage-lavage en deux temps trois mouvements pour au moins profiter uin peu de leurs chères têtes blondes..."Mode pilote automatique" encore une fois...

Alors j'ai adopté la même attitude devant la masse de revues à étudier et à photocopier : c'est comme si la machine avait happer tous mes neurones, je me robotise en un éclair pour échapper le temps du ronronnement de la bête, à l'ennui de cette tâche...

Le danger, c'est d'y prendre goût : quand on vous fait une requête alambiquée avec moults pharses alors que vous avez un sanglier sur le feu, d'autres chats à fouetter et que vous vous impatientez comme un lion en cage : vous prenez la mine de circonstance du chien sur la plage arrière de la voiture et vous faite "oui-oui-hum-hum" à votre interlocuteur : Mode automatique avec options mouvements d'approbation...

mais attention, la dérive aérienne peut nous guetter quand le matin, quand on est en train de marcher vers le bureau la tête dans notre parapluie et visiblement encore dans la couette, et que l'on nous demande d'acheter un "journal-pour aider-s'il vous plait", si on ne regarde même plus la personne en face et que l'on se met de suite en mode automatique avec options négation polie...quand on en vient à se transformer en fantôme de son quotidien : danger !!!

On pourrait bien se demander si il y a encore un pilote dans la carlingue...

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sport and work

Le temps passé au travail étant gargantuesque et la fesse molle guettant mon corps de déesse avec les années qui passent sur ma couenne, j’ai décidé qu’il fallait optimiser ce temps dévolu à gagner de quoi payer les impôts en tentant aussi de galber ma petite personne, vous allez voir que ce concept est très aisé à mettre en pratique, comme j’ai déjà pu le lire dans quelques magazines pour nous les filles…

Tout d'abord, il y a bien sûr l’exercice des escaliers avec les fesses serrées. Perso, j’égrène mon chapelet d’heures laborieuses sous les toits, donc question escaliers, je suis bien servie. Si on compte aussi ceux du métro et ceux menant à la tour d’Ivoire de ma Princesse, je fais du step depuis des années, nul besoin d’engraisser Véronique et Davina sur des airs technoïdes à donf pour le même résultat.

Ensuite, un autre allié méconnu des working girl, c’est la photocopieuse. Par exemple, au lieu de discuter de vos futures vacances avec le comptable qui passait par là pendant que vous vous coltinez la copie entière d’un bouquin épuisé, pensez à faire des plié-dépliés des jambes en serrant le ventre, et en souriant franchement pour bien montrer que non, vous n’êtes pas folle mais vous essayez un concept, l’air de rien…

Quand vous êtes coincée en réunion pendant des plombes, plusieurs options : ou vous êtes en petit nombre et la pièce est éclairée, et là il ne vous reste plus qu’à vous entraîner à la majorette avec votre stylo, au moins ça améliorera la souplesse des doigts, ça peut toujours servir…ou vous bénéficiez d’une grande réunion dans la pénombre avec force projection de schémas compliqués. Là, il faut impérativement penser à se munir d’une bouteille d’eau : ½  litre pour les débutantes, 1 litre entier pour les dures-à-cuire et procéder avec les Evian comme avec les haltères de Stallone : et un, et deux, et un, et deux… En matière de poids également : sans mesure chargez-vous des colis à remonter ou descendre, ça vous fera passer pour la serviable de service et vous musclera les bras en un tour de main.

Enfin, après toute bonne séance de sport, il faut songer à un peu d’assouplissement et à quelques minutes de relaxation.
Pour ce faire, je ne saurai trop vous recommander de prendre en charge une permanence téléphonique pour quelques heures : le temps de comprendre la question posée au bout du fil, vous aurez fait craquer main, pied, dent, jambe et pauvre stylo qui traînait par là…Pour les cours de karaté accéléré, vous pourrez même tenter l’accueil en live, cela réserve aussi des situations sportives méconnues... Et quant à la relaxation, elle vous sera de toute façon nécessaire après avoir raccroché d’avec un gros lourdaud malpoli pour faire bonne figure devant vos collègues qui vous auront vu virer au rouge-vif en dix minutes de répétitions sans fin…

Après ça, et en attendant d’être repérée par un photographe de l’agence Elite qui se serait perdu entre vos escaliers et la photocopieuse, vous pourrez rejoindre vos pénates avec soulagement, pensant très fort à la réplique de Jean-Pierre Bacri dans Didier :

"Et ben ça me fait des bonnes journées avec toi (poissonchat !)"...

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