
Quatre têtes avides d'une beau moment de théâtre s'étaient tendues ce soir là du haut du premier rang du théâtre de la Madeleine afin de discerner derrière un rang de vrais blés les deux actrices que sont Isabelle Carré et Léa Drucker, incarnant deux soeurs attendant l'agonie de leur mère dans la maison de famille...
Certes, le sujet n'est point gai mais en cette fin d'octobre, avant le sempiternel jour éternel des Morts, il pouvait cependant promettre des dialogues forts en émotions et des dérives vers l'absurde ou le rire, la Vie encore avant la Fin en tout cas, et surtout, surtout, la présence en tant que metteur en scène de Zabou Breitman...
Zabou, c'est une personnalité qui traverse le monde du cinéma en tant qu'actrice (une tirade mémorable dans "La Crise" sur les couples modernes !) et, en tant que réalisatrice a laissé l'empreinte d'un très juste et très beau moment de cinéma avec "Se souvenir des belles choses", déjà avec Isabelle Carré.
Au moment où son second film sort sur les écrans, "L'Homme de sa vie", elle fait donc également le pari de la scène de nouveau.
Et fort heureusement, nous ne fûmmes point déçues de certains choix de mise en scène proprement cinématographiques -et dont je ne dirais rien ici pour préserver la surprise, non, non, n'insistez pas- . L'idée du linceul futur, dessiné sans doute par les nombreux draps lavés et relavés en famille pourraient expliciter le titre Blanc, la musique est prégnante et parfaite pour accompagner les différents moments de la pièce, avec la résonnance particulière d'une musicienne sur le plancher...Mais...
Mais le texte n'accroche pas et le jeu d'Isabelle Carré paraissait sans réélle présence -à moins que ce ne soit une excellente interprétation d'un personnage insipide, répétitif et très peu touchant ?, j'avoue n'avoir plus eu assez de neurones valides pour le distinguer...
Cependant, fuyant le torticolis et les baffles, j'ai émmigré vers les rangs du fonds et ai pu profiter complètement de cette belle mise en scène et d'une ultime scène avec -enfin- à 15 minutes d'avant la fin, un moment fort dû à l'arrivée du père : un instant presque magique où les actrices étaient convaincantes, le texte sensible et l'effet théâtrale véritablement très bien préparé...En gros : la sauce avait prise, un peu tard cependant...
Seule bonne vraie surprise : Léa Drucker (à ne pas confondre avec la présentatrice gothique-nièce du présentateur de Champs-Elysées-qui sévit la nuit sur France 3 pour nous asséner les dernières mauvaises nouvelles du Monde). Léa, donc,gueuleuse, énervée, mal à l'aise, rigolotte, émouvante, nature et juste.
Reste que sur notre quatuor, une d'entre nous a adoré et voulait décrocher le numéro de tél de Léa Drucker, une a failli tomber de son siège d'ennui dés les premières minutes, l'autre recomptait mentalement combien lui avait coûter cette sortie et votre serviteur reste dans la Bof-attitude, contente malgré tout d'avoir vue des éléments interessants mais point emballée par l'ensemble.
Le rideau rouge est donc tombé sur "Blanc" sans trop de regrets.