Lundi 20 Novembre 2006
Guide gratuit
Par poissonchat, Lundi 20 Novembre 2006 à 00:24 GMT+2 dans Poissonchat a testé pour vous...

Chaque occasion de découvrir une nouvelle parcelle de Paris est la bienvenue et un ami espagnol a samedi dernier émit le souhait de découvrir la Sainte-Chapelle (Note de la Blogueuse : cette Chapelle fut construite par Saint-Louis pour être l'écrin protecteur de reliques de la Passion dont la couronne d'épines du Christ et un fragment de la Croix...histoire en gros de montrer en passant que le Roi était donc bien un homme important à posséder de tels objets qu'il s'amusait d'ailleurs beaucoup à fragmenter en nano-particules avant l'heure et à distribuer aux plus méritants...un peu comme les images quand on a une bonne note en maternelle quoi...). No one, no two, nous avons donc pris nos sacs et nos cache-nez et nous nous sommes élancés pour une nouvelle mission impossible à travers la ville : à savoir foncer dare-dare par monts et par métros, trouver la bonne sortie après des couloirs labyrinthiques à Châtelet et slalomer d'un piéton en plein shopping à un touriste en plein cliché pour rejoindre en rang bien ordonné la sage file des tickets avant l'heure fatidique du thé anglais.
Une fois pénétrés dans le lieu, par l'entrée basse de la populace à laquelle nous appartenons, s'offrit à nous quelques petits exemples d'un gothique rutilant...
Puis ce fut la surprise de lumière avec la chapelle haute, enfin après avoir réussi à résister au tournis des escaliers en colimaçon, car comme l'écrit le guide vert (pas le pro du maïs, le bibendum Michelin
"le visiteur y accède le souffle coupé par les marches de l'escalier, le voici sans mot lorsqu'il pénètre sous cette immense verrière"...(oui, oui, le Michelin se Routardise avec des blagues comme ça...).
Et en effet, il suffit que le Roi Soleil soit un tantinet levé pour sortir les Ray Ban face à 618 m2 de vitraux parmi les plus anciens de la capitale. Moi, j'avoue, j'ai même pensé, en païenne que je suis parfois, que cela ressemblait à la Grande Salle du Choixpeau Magique de Poudlard dans Harry Potter...avec les chandelles allumées qui lévitent dans l'air...des années de cathé' pour ça, je sais, c'est à désespérer.
Mais toujours est-il que si la cathédrale devait être un livre ouvert pour le peuple du Moyen-âge, les symboles, l'Histoire et les 1134 scènes des fameux vitraux demeuraient lettres mortes pour une bonne partie d'entre nous jusqu'à ce qu'un homme bon chic-bon genre, voix suave, blague facile, débit aisé, nous harangue comme sur les places médiévales et nous propose une petite visite gratis et détaillée...Nous voilà t-y pas accrochés à ses souliers vernis, allant d'avant en arrière pour suivre par petite grappe l'étudiant en histoire de l'art ...
Nous l'écoutâmes jusqu'au bout nous narrer les prouesses d'une architecture où par exemple le métal utilisé avait été fabriqué de telle sorte qu'il ne devait à peine rouiller depuis 1248- à se demander si les actuels métallurgistes ne seraient donc point des petits malins pour nous faire acheter leur Frameto...-ou nous décrire le rituel bien pensé des reliques à exposer au bon peuple de Paris sans les abîmer, une petite plaque tournante et deux volets ouverts faisaient donc l'affaire pour exhiber sans les bouger les divins objets...oui, sans doute un peu comme les automates qui surgissent à heure fixe des pendules suisses....
Je vous épargnerai tous ces détails car en fait je fus rapidement tiraillée entre l'envie d'écouter et celle de le ...taper !! Voui, mea maxima culpa, dans un lieu de prière et de recueillement aussi somptueux, je domptais mes oreilles qui s'hérissaient de plus en plus aux son des maniérismes de notre guide improvisé,sans doute un accent typiquement du Marais mélangé au 16ème et au théâtreux qui joue le naturel...
Mettant cela sur le compte d'un hiver qui nous taraude les forces et la patience, je me dis que je devais exagérer, mais un rapide coup d'oeil sur le faciès mi-concentré, mi-agacé de mes acolytes me confirma que je n'étais point la seule à hésiter à larguer le Monsieur au milieu de ses grandes phrases mais à chaque fois la voix habile réussissait à nous intéresser au moment même où on s'apprêtait à tourner les talons, nous assénant soudain de véritables petits coups de théâtre et de croustillantes anecdotes de derrière les vitraux.
Fort heureusement, le gong de 17h résonna bientôt. Et je ne pus m'empêcher le soir venu de m'en retourner vers mon fidèle Michelin tant parfois tout sonnait faux et bien préparé avec notre étudiant en goguette... Mais en fait, peut-être avons-nous fait notre B.A chétienne en lui servant de cobayes pour ses futurs oraux...
Et d'ailleurs, je vais appliquer cette méthode en m'improvisant guide à la Banque de France, ça m'aidera peut être pour demander une augmentation...




















