poissonchat

Renaissance printanière

 

En nous balladant un soir dans les grandes librairies des Champs (pas de pub, merci); je suis tombée sur cetet sélection des vendeurs courageux, leur post-it a attiré ma curiosité et l'image moyen-âgeuse ne pouvait que me convertir à l'achat compulsif, surtout lorsque je vous aurai raconté les débuts : une pâysanne obligée de piquer l'armure d'un chevalier pour traverser une France moyen-âgeuse et croiser des personnages lumineux ou sombres...

 

Comme d'hab', le travestissement et les demoiselles qui endossent une personnalité masculine par protection ou envie me fascinent, et ce fut le cas bien avant Lady Oscar ! Aussi, le contexte historique chevaleresque me plut d'emblée et j'ai découvert une auteur érudite et humble (et une excellente traduction de l'espagnol au français : il faut tjrs saluer la TRADUCTION !;-))

Certes, les dates ne sont pas rigoureusement exactes, toutefois, à la fin, ts les personnages sont resitués avec précision- Rosa Montéro présente dans son ouvrage une vision originale du Moyen-Age point si obscur que le caricature certains, avec l'amour courtois inspiré par la reine Aliénor D'Aquitaine, la montée des bourgeois et la déliquescence d'une certaines noblesse scélorée et surtout la religion cathare qui fut brûlée vive sur le buchée catholique...et mit fin à une certaine renaissance avant la Renaissance, avec les guerres de religions intestines...

Comme je ne connaissais rien à cette branche de la chétienneté, j'ai découvert un peu et ai apprécié la MIXITE avant l'heure  ou comment els femmes pouvaient être enseignante et abbesse!;-) et quelques petites choses bien appréciables avant les fastes d'un certain clergé qui fleurtait souvent avec le pouvoir (les mazarin et richelieu sont de rouges personnages bien préoccupé de la fleur de Lys...)

Une agréable découverte de lecture où le divertissement n'empêche point d'apprendre et où on aime ce leitmotiv de l'histoire du Roi transparent...comme une ultime métaphore du pouvoir des mots...

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La couleur des âmes

 

Après le Rapport de Brodeck, j'avance à rebours dans les écrits de Philippe Claudel en venant d'achever Les âmes grises, prix Renaudot en 2003 et porté à l'écran avec Jean-Pierre Marielle notamment.

J'y ait retrouvé une atmosphère de guerre, la première cette fois là et la même délicatesse à savoir décrire les petites et grandes ignominies des hommes qui se sont accomodés de la violence quotidienne, de celle des autres et de la leur...

L'écrit toujours constitue le support de cet ouvrage, jeu de poupée-russe où ceux qui écrivent se dévoilent par le détour des pages, au moment attendu mais en cueillant le lecteur pourtant avec ce style naturel qui portraitise chacun et fait vivre la fiction avec autant de réalisme...

L'absence de l'être aimé, réelle, imaginaire et comblée par le leurre de l'écrit justement  demeure un des sujets centraux de l'ouvrage, et la peinture de la vie humaine se métaphore et s'achève sur ce dégradé de gris qui ne fait de personne ni tout à fait une ordure, ni tout à fait un saint... juste une âme grise de plus...

PS : Hasard ? Le dernier poilu s'en est allé hier soir...Lazare Ponticelli...ne va plus rester que les mots et les images pour témoigner

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Rapport sur le Rapport de Brodeck

 

Le Goncourt des lycéens fut une nouvelle fois porté sur un récit concernant la seconde guerre mondiale (après l'excellent magnus de Sylvie Germain en 2005, oui, je sais, je ne suis pas objective !!!), et fut pour moi l'occasion de découvrir la très belle écriture de Phillippe Claudel, à l'affiche le 19 mars prochain en tant que réalisateur d'un film déjà salué par la critique : "Il y a longtemps que je t'aime"...

Le rapport de Brodeck réfléchi le pouvoir du savoir et des mots et donne une dimension à la violence des hommes par petites touches de réalismes et un styles parfaits, fluide, précis, intégrant les particularités du locuteur et laissant au lecteur le soin de difgérer ces quelques vérités bien senti/bien écrite sur l'humanité et sa violence intemporelle, et sur l'humanité de certains hommes...tout de même...Je me suis plongée dans Les ämes grises, son ouvrage concernant cette fois le conflit de 14-18 et déjà, je suis autant charmée, à conseiller donc même si la gravité des sujets vous accompagne une fois la page refermée.

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Harry, c'est fini...

 

Voilà comment j'ai passé ma soirée d'Halloween, en sorcière compagnie avec l'ultime tome de J.K Rowling concernant le célèbre sorcier au front zébré...

La fin des aventures d'Harry Potter se sont dessinées sous mes yeux avides avec toute la force des romans savamment orchestrés :  j'ai ri, tremblé, et même un peu pleuré, contente de cet imaginaire toujours renouvellé et étoffé...

Ma première rencontre avec Harry fut nancéenne, en 2001, quand le raz-de marée médiatique n'était pas encore advenu et j'ai tenté de convertir mes condisciples, pour que nous nous échappions de concert de certaines réalités moldues !

Depuis, ce fut un rendez-vous de plus en plus attendu, relayé par la machine hollywoodienne, laquelle, pourtant, au fil des films, me déçoit un peu, tant je suis une incorrigible nostalgique du moindre effet spécial pour porter toute son attention plutôt au décor et à l'atmosphère...

En tout cas, je ne vous dirais RIEN de cette FIN !, tant ce serait injuste de vous dévoiler les moments clés sans que vous n'ayiez pu vibrer de les deviner au fil des pages, les savourant quand ils advenaient tels que vous les souhaitiez et les acceptant si ils vous retournaient l'esprit  au dernier moment!

Alors : bon voyage dans cette fiction magique !

PS : Un petit coucou à "l'armée de Dumbledore"...Une des trouvailles de l'auteur que j'ai toujours apprécié avec la salle sur Demande pour se réfugier au calme n'importe quand !

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Oracle fictionnel

 

Sur les bons conseils de ma Bouclette dorée préférée, me voilà dorénavant heureuse lectrice d'un nouvel Auster où le héros est anti-héros, écrivain double de l'écrivain ?

Toujours est-il qu'à ce jeu des fictions sans fin, j'ai retrouvé les jeux littéraires des poupées-russes où l'on se perd et se délecte jusqu'à en être soudain déçu, fin abrupte comme un réveil après rêve ou belle leçon sur le pouvoir des mots, encore une fois ?

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Rangez les piquots

Si vous êtes comme moi un brin démoralisée-fatiguée du quotidien et du temps de chien, affamée de beauté-volée, il n'est que plus temps de reprendre des forces en vous nourissant du lait de la louve et d'aller découvrir une auteure savoureuse, Muriel Barbery, au pays des hérissons...

C'est avec une plume alerte et précise, se délectant et se jouant de la langue française comme des travers de chacun que "L'Elégance du hérisson" nous conte une belle histoire où j'avoue avoir surligné de plaisir et de rire de nombreuses phrases avant que d'en tourner l'ultime page à chaudes larmes...

Je ne voudrai pas déflorer l'histoire mais sachez juste qu'il y est question des apparences trompeuses et rêveuses, des coeurs purs qui se dissimulent habilement sous les piquots et bien sûr des "peau de vaches déguisées en fleurs" comme l'eut pu chantonner Brassens, qu'il s'agit d'une concierge point si niaise et d'une jeunette point si heureuse parce que surdouée; tout cela mijoté avec une sincère admiration pour le Japon (du manga à la cuisine en passant par le cinéma), bref, régalez-vous bien de ces mots frais, sucrés, intelligents...


Vous en serez si ravie qu'ils vous donneront envie, comme moi, d'aller déguster au plus vite le premier ouvrage de Muriel, le bien nommé : "Une Gourmandise"...

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Savoir lire sa lignée

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En découvrant le festival América dédié à la littérature américaine et ayant lieu tous les deux ans à Vincennes, nous passâmes un dimanche d'octobre dynamique pour les neurones et dépaysant pour les mirettes...Ce festival propose en effet un salon où des rencontres sont possibles avec les auteurs, des tables rondes et discussions thématiques, des projections de films et des expositions photographiques. Tout cela pour une somme modique au vu de la bonne organisation et d'une telle diversité d'activités... Oui, oui, vous pouvez relire ce passage, je jette des fleurs à une mairie d'Ile de France, une fois n'est pas coutume ...

Ce fut lors d'une table ronde consacrée à l'Amérique de nos jours que nous avons pu entendre une auteur dont le nom me revenait souvent en mémoire, sans jamais avoir lu un paragraphe de sa plume : Nancy Huston. Je ne peux m'empêcher de saluer sa simplicité et sa pertinence face à une jeune meneuse de débat, fraîchement sortie de ses cours de littérature-sans aucun doute très brillante-mais hélas trop avide de placer moult mots compliqués en "-isme" tant et si bien que la question paraissait rapidement un problème de mathématique insoluble...
Mais Dame Nancy eut recours à des images qui firent mouche pour nous empêcher de faire figuration en siestant pendant le débat, ainsi se demanda t-elle, innocemment, quel avis un enfant pouvait se forger des hommes politiques en voyant Schwarzenneger se comporter dans ses films en Terminator, de même comment l'enfant s'y retrouve dans une culture américaine qui érige la religion en politique, en prônant les valeurs d'amour, et qui se précipite dans la guerre...

Selon ma logique de rencontre non hasardeuse (voir le post sur Alice Ferney) , nous fîmes donc fi de l'état de notre portefeuille pour nous ruer sur son dernier roman, et même le faire dédicacer derechef de sa blanche main ...c'est vous dire combien les paroles de la Dame nous parurent de l'intelligence fraîche dans un désert "d'ismes" et de lieux communs !

"Lignes de failles", donc, fait partie de la fournée de septembre 2006...et se construit, comme "Ronde de nuit", avec une chronologie à rebours. Toutefois, la structure est plus ambitieuse puisque les quatre récits sont pris en charge par un narrateur-enfant qui s'avère être à chaque fois l'ascendant du précédent : en clair, nous commençons le livre avec la voix de Sol, petit garçon américain de nos jours, puis nous poursuivons la seconde partie avec cette fois comme narrateur son père, alors qu'il avait le même âge que Sol et ainsi de suite jusqu'à remonter à l'enfant que fut l'arrière grand-mère de Sol, Erra ou Kristina, une célèbre chanteuse qui fut canadienne d'adoption mais d'enfance allemande pendant la seconde guerre mondiale, allemande, en apparence....

Avec ce quatuor de voix enfantines, c'est comme si les névroses des uns et des autres s'éclairaient par l'histoire de leur enfance respective...Un roman donc que les freudiens ou les adeptes de la psychogénéalogie apprécieraient grandement, mais il va bien sûr au delà puisqu'il fait véritablement oeuvre de littérature par son style, son architecture surprenante et logique et ses parti-prix.
D'autre part, la Grande Histoire éclaire aussi l'histoire de cette famille...J'y ai appris un fait que j'ignorais sur cette période. Mais, surtout, après avoir parcouru les dernières lignes, c'est comme si je reliais logiquement entre elles les destinées et personnalités de chaque personnages. Une fois leurs failles mises en lumières, le lecteur peut démêler les toiles de leurs angoisses, et au cœur de leurs limites, les découvrir bel et bien engagés tous sur la même ligne, eux qui sont de la même lignée...

Et je ne pu que me reporter en pensée au récit initial, et revenir après avoir découvert l'origine du chant d'Erra à la fin de la gamme que constitue le dernier de ses descendants, cet enfant-clé qu'est Sol. Sol, lui qui stigmatise si bien les écueils modernes, ce petit enfant adepte d'Internet qui fait semblant d'être innocent pour préserver sa mère hypra-angoissée, un enfant qui se croit Dieu car il est né américain, nanti et intelligent...

Mais lui qui croit tout savoir d'un clic sur Google, en sait bien moins que le lecteur qui vient de reconstituer l'histoire de sa famille et ne peut que se demander avec crainte si Sol saura dépasser les failles d'antan, ne pas les reproduire ni les fuir, mais pourtant demeurer sur la même ligne tout en avançant...

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Longues rondes

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Il y a 3 ans, grâce à mon travail chez des fous-de- l'audiovisuel, j'avais découvert une adaptation télévisée d'un roman à succès Made in Britain : "Tipping the Velvet"= "Caresser le velours" en français dans le blog. Toutes consœurs de la confréries des inverties a dû désormais croiser une couverture de livre ou quelques clichés de cette adaptation en 3 volets, moi même ayant bien oeuvré à rabattre les oreilles de mes amies du talent de son auteur, Sarah Waters, ancienne libraire et passionnée d'histoire. Je ne vais pas revenir sur cette excellente fiction, roman d'initiation dans l'Angleterre de 1890 qui dépeint notamment un monde de cabaret-théâtre avec une très belle écriture, tant et si bien que l'on peut peut-être parfois croire toucher les rideaux rouge-velours de la scène à mesure que l'on tourne les pages (OUI, je sais, le titre n'évoque pas que ça mais la pudeur m'empêche d'aller plus avant, donc les petits curieux n'auront qu'à aller le lire !).

Miss Waters déclina sa passion de l'époque victorienne dans deux autres romans : "Affinités" se déroulant dans le milieu carcéral -non, ce n'est point un poncif des fantasmes mais une histoire de spiritisme à la Radclyffe, et surtout le très surprenant "Du bout des doigts", construit habilement pour nous retourner comme une crêpe et nous donner envie de passer une nuit blanche pour tout bien comprendre. Ce dernier a d'ailleurs lui aussi bénéficié d'une très soignée adaptation télé sur la BBC.

Tout ça nous amenant à la rentrée littéraire de cette année et au pouvoir marketing de certains critiques...oui parce que quand on apprend que 689 romans vont nous être proposés d'un coup-d'un seul, on se dit qu'il va falloir soit des nuits de quatrième dimensions soit se cloner en Bernard Pivot pour débusquer les perles écrites, mais heureusement : les critiques ont bien fait leurs devoirs de vacances et en croisant les journaux dits littéraires, les fascicules des Fnacs et de mes libraires et la presse-Le Monde Littéraire, pour faire dans la dénonce, et bien à peu près tous nous recommandaient chaudement le dernier né de Miss Waters : "The night watch", soit "Ronde de nuit" pour les friands de gauloiseries ici...

Ben moi, je vois pas pourquoi...Certes, l'époque a changé, il s'agit du Londres de l'après Blitz, après la seconde guerre mondiale et il y a des descriptions simples mais très bien senties qui nous feraient presque courir nous aussi aux abris en entendant BOUM-BOUM-BOUM... si on ne réalisait après coup qu'il s'agissait, comme ts les soirs, de Voisinos-d'en haut, le-débilos à la techno.
Certes, la trame narrative est une nouvelle fois atypique et on peut saluer cet effort d'originalité de proposer 3 récit pour un seul roman, les 3 étant à rebours les uns des autres si bien que pour comprendre l'ensemble de l'histoire...il faut bien revenir à la genèse, soit au début du Blitz....et donc à la fin du livre
Mais, bon,...il en faudra de nombreuses rondes, des véritables circonvolutions jusqu'à en perdre le lecteurs dans la répétition des allusions à mi-mots qui endorment complètement.
Et à force de décrire mes cercles, moi je me suis souvent éloignée de l'intérêt et de l'émotion.
Je fus raccrochée-ramenée au centre vers les 100 dernières pages (ça en fait quand même 450 à se faner avant hein !) avec des emboîtements de destinées majestueuses-chapeau bas et quelques scènes véritablement très bien composées...

Je me doute que comme souvent- malheureusement- les succès antérieurs et les sujets des autres livres, puisqu'ils surprirent et ravirent autour des filles, précédèrent la lecture de cet opus, et le nimba d'emblée de qualités... sauf que pour tout vous avouer, plutôt que de vous embarquer dans ces rondes (oui, oui, on pourra y voir la métaphore de toutes les guerres et du cercle sans fin de la violence humaine, je vous l'accorde), je vous recommande de prendre la tangente vers d'autres espaces littéraires, après tout les critiques encensent "Les Bienveillantes" de Mr Littel, avec SEULEMENT 900 pages, autant commencer rapidement pour pouvoir y consacrer toutes ces nuits à venir....

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Alice au pays des livres

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J’ai toujours trouvé amusants les chemin que pouvaient emprunter un livre pour venir à nous…
Ainsi, certaines œuvres semblent prendre un malin plaisir à se placer à plusieurs reprises sur notre route. Au début, nous les enregistrons visuellement, de façon sans doute automatique, puis nous revenons bien vite à notre tourbillon d’actions, d’actions, d’actions…Et puis nous tombons sur une critique littéraire que nous parcourrons rapidement, mais il y a tant d’autres mots que nous passons à d’autres articles… Et enfin, quelqu’un ouvre la porte en nous parlant de ce livre avec un ton particulier, une tonalité dans la voix si peu habituelle que cette fois, c’est notre oreille qui est touchée et la curiosité bel et bien éveillée. C’est ainsi que peu de temps après cette discussion, il n’est pas rare que nous trouvions-enfin-ce temps qui nous faisait défaut, et lors de cette pause, c’est tout naturellement ce livre-là que nous trouvons dans une librairie de hasard, et la rencontre peut advenir…
C’est à peu près de cette façon que j’ai commencé à entendre parler d’Alice Ferney, je fus tout d’abord intriguée et agacée par le succès de « La conversation amoureuse » : 200 000 lecteurs ! et tout ça pour-encore-une histoire d’adultère pensais-je-…Puis je suis allée errer au Salon du livre de Paris et comme à chaque fois que mes pas me portent vers cette –onéreuse mais magnifique- maison d’édition qu’est Actes Sud, je repérais les couvertures des autres ouvrages de cet auteur. Je ne sais pas pour vous, mais le virtuel n’est pas près de détrôner le livre tant celui-ci est tissé de contacts : contacts tout d'abord visuels et tactiles mais je connais aussi une grande lectrice devant l’Eternel qui n’en achète pas un avant d’en humer le parfum à pleine page ! Puis je lus des critiques concernant « Dans la guerre » et comme je n’avais pas envie d’une fiction mais peut être d’apprendre quelques chose de tangible au détour des phrases, j’estampillais dans ma mémoire ce livre comme « potentiellement intéressant » puisqu’il se déroule pendant la guerre 14-18 en France. J’appris également qu'Alice Fernay est mère de trois enfant et enseignante d’économie : triple casquette donc, avec en cerise sur le CV une thèse sur « les fondements de la division du travail dans le mariage » :son mari doit être un homme comblé !Enfin ses ouvrages très différents les uns des autres sont édités à deux- trois années d’intervalle, comme si le temps de vivre primait en somme… Et enfin, une collègue de travail m’en parla par hasard. Pour vous situer un peu cette fameuse collègue, disons qu'elle est une sorte de « Miss Perfection », vous savez le genre brillante en tout domaine, beaucoup d’humour mais toujours limite sarcastique (et limite vous vous demandez au passage si elle ne rit pas DE vous plutôt qu'AVEC vous, vous voyez le genre ?), enfin, elle se présente avec la distance de ceux qui savent et qui maîtrisent tout ….et bien quand elle me confia qu’elle avait pleuré en lisant quelques-unes des pages de cet ouvrage, autant vous écrire que je pensais illico que tout d'abord, ma collègue était humaine- ce qui est plutôt une bonne nouvelle au lieu de travailler avec des Terminator, et ensuite, qu’il me fallait lire ce livre absolument !

Voilà le décor posé… mais maintenant, quels mots choisir pour vous inviter à suivre mon chemin de lecture et à rencontrer les personnages d’Alice Ferney ? Je pourrais tout d’abord vous écrire-et c’est pour moi un peu trop rare pour justement bien le souligner-que son style est à la fois limpide et complexe. On entre aisément dans son rythme et la phrase est si bien ciselée, elle suit si bien les pensées des hommes de papier qu’en quelques phrases ceux-ci nous parlent, tout simplement, et nous devenons les témoins omniscients du déroulement de l'histoire, des pensées de chaque personnage et de celles de l’auteur en filigranes. Son style pourrait aussi être défini comme « sensuel », de par le choix des mots mais aussi des thèmes, car dans un livre qui se déroule en pleine guerre, si le corps et la réalité sont mis à nue, ils le sont autant dans leurs violence que dans leur beauté. C’est pourquoi, à mon avis, le personnage principal, Jules, ainsi que son chien Prince (oui,oui, il y a souvent des Arches de Noé dans les livres que j’apprécie ;-) vont continuer de vous parler encore quelquefois, même la dernière page lue et leurs qualités fictives seront peut être un petit baume quand vous lirez quelques horreurs bien réelles…

Lorsqu’un auteur vous touche ainsi, on a envie de prolonger la rencontre bien sûr, aussi ais-je choisi de lire ensuite « Grâce et dénuement » dans lequel le personnage principal, Esther, vient lire des livres aux enfants d’une famille de Gitans. Il y a une description magnifique du mode de vie des Gitans, avec exactement ce mélange de Grandeur et de prosaïsme. Mais il y a également une très belle mise en abyme de l'acte de lecture, de son pouvoir et de ses limites. Tant et si bien que je suis sûre que de sadiques professeurs de français vont se faire un plaisir de proposer cet ouvrage à l’étude, histoire de donner des nœuds au cerveau de leurs élèves !

Enfin, ce n’est pas tout à fait un hasard si je vous ai assommé ce soir de cet article puisque dés le 18 août 2006, le prochain ouvrage d’Alice Ferney viendra vous faire des petits signes muets sur les présentoirs… « Les Autres » est un huis-clos où une famille joue à un jeu de société particulier intitulé « Personnages et caractères », au cours duquel chacun interroge le regard des autres sur lui-même…
M’est avis que l’idée originelle pourrait créer un très beau « règlement de compte à OK Corral-Family », mais je fais confiance au talent d'Alice Ferney pour nous surprendre sur ce nouveau chemin…

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Au fait...

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Le titre de la rubrique est dû à Flaubert-maître ès-ironie lui aussi !- : Le lait de la louve est une expression de cet écrivain à propos de « la joie causée par la lecture » ; alors, dit-il, « tout disparaît, et tout apparaît. On n'est plus homme. On est aile. Des horizons nouveaux surgissent, et les perspectives se prolongent à l'infini».
Euh...rien d'autre à ajouter ...

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