Jeudi 1 Mars 2007
Comme une môme
Par poissonchat, Jeudi 1 Mars 2007 à 18:24 GMT+2 dans Cin'-émois

Si on retourne immanquablement dans les salles obscures, en dépit des tarifs inflationnistes, des voisins mâcheurs de corn-flakes et du son hurleur, si on ne jure pas uniquement que par les DVD et les mules qui ont des cornes d’abondances cinématographiques, c’est pour se retrouver comme des mômes encore, pour ressentir des frissons à répétition, être emportés dans un rythme inconnu et une farandole d’images, non ???
C’est en tout cas l’effet que m’a fait la biographie fictive d’Edith Piaf signée Olivier Dahan.
Difficile d’échapper au matraquage publicitaire qui annonçait cette sortie, et pour une fois, on avait le plaisir de voir Marion Cotillard invitée sur tous les plateaux pour nous narrer avec simplicité sa grande aventure de scène, incarnant Piaf.
Incarner Piaf, ce n’est rien de l’évoquer, il faut le voir sur grand écran quand passent si vite 2h20 d’émotions et de visages différents : d’Edith petiote fragile à la jeune adulte qui argote avec un accent de titi parisien, de la diva autoritaire à l’amoureuse transie en passant par la timidité des premiers moments au talent toujours éclatant.
On pourra peut être parfois se demander si la peinture de l’enfance d’Edith Piaf n’est pas trop mélo, cela m'a fait presque penser à un clip de Mylène Farmer dans ses pires moments dépressifs.. mais cette idée n’a fait que m’effleurer car sinon, entre les larmes incompressibles, les chansons que l’on devance en chœur dans sa tête et les sourires grâce aux réparties bien senties de la chanteuse à gouaille et trémolos, le livre de la vie d’Edith se referme trop vite et donne envie d’en savoir plus sur une vie si brève et intense. A un point tel qu’entre les addictions de toutes sortes, les amants, les abandons, les accidents et les deuils, la télé pourrait s’emparer de la trame pour en faire un feuilleton à rallonge pour cet été, cela ne changera pas des mini-tragédies qu’ils se plaisent à nous servir chaque fois, et pour une fois, cela sera malheureusement véridique...
Et puis, après un tel film, en plus de vouloir faire un tour dans les biographies, demeurent en tête la scène terrifiante où l’amant est perdu et les airs bien sûr, omniprésents, archi-connus mais que l’on accueille au creux de l’oreille avec joie, comme si cela prolongeait le film encore un instant...
Et hier soir, alors que quatre étranges mousquetaires chassaient sur M6 des apprentis chanteurs qui devaient aussi avoir le potentiel de danseurs, d'acteurs, de tops models, de jongleurs peut être ?! Tout cela sous les paillettes, la fantaisie et le changement perpétuel, j’ai eu l’impression de mesurer la grandeur de cette petite bonne femme en noir dont seule les mains faisaient ballet pour nous emporter dans ses histoires chantées- vécues, celles dont on se souviendra encore longtemps à défaut d’autres jeunots trop vite consommés après les avoir pré-fabriqués…



















