
Petite visite, entre curiosité et culpabilité, aux zanimos du zoo de Vincennes un de ces derniers dimanche ensoleillé.
Nous grognons rapidement contre les bruyants petits trains qui commentent tout, troublant un peu plus le maigre silence qui règne alors que les voitures continuent de frémir à l’orée du zoo. Certes, il faut qu’un zoo soit familial et sans doute faut-il permettre à tous, du plus jeune rejeton à la mamie à canne, de voir les ânes et les hippopotames…mais de là à transformer cela en petit cirque à roulettes….
Alors que nous ne pouvions nous empêcher d’être fascinées par les singes plus humains que certains de nos congénères, en tout cas plus agiles à bondir mi-oiseau, mi-lutin de belles hauteurs ou ouvrant bien grand les mirettes pour s’emplir du rosé des flamands, nous nous engageâmes soudain sur la piste du loup…
Et nous rencontrâmes deux magnifiques loups d’Arctique…à l’air triste et digne, exactement comme dans les livres d’enfance... ils n’avaient de cesse de passer et de repasser d’un enclos à l’autre, vagabonds sans but, avec la langue pendante du chien mais la silhouette agile et musclée de l’animal encore sauvage….
Et nous, réflexe de prédateur ?Nous guettions patiemment le moment de les immobiliser en image avec nos appareils photo, comme pour saisir ces petits moments où l’on se sent tout petit et très vivant à la fois à deviner la Nature en face de nous…
Il y avait des troncs d’arbres coupés en guise de perchoir ou de reposoir, des sortes de trônes naturels pour ces seigneurs qui bondissaient avec aisance sur le bois. Ils prenaient alors à chaque fois grand soin de se coucher à l’envers, nous montrant toujours leur dos... ou leur derrière....C’est bien la moindre des choses que l’on méritait, à les avoir collé là, bien, bien loin des neiges d’origine…
Et puis, au bout d’un moment, ils se lassèrent peut être de ne pas voir un peu d’animation ou bien le Frère Loup de Saint François d’Assise fut magnanime et il daigna nous fixer…
et quand un loup vous fixe si calmement…vous garder l’image bien gravé au cœur...
Cela m’a rappelé la très belle histoire de Daniel Pennac : « L’œil du loup » ou l’amitié d’un enfant récemment immigré et d’un vieux loup derrière les barreaux.
Et à quelques jours de l’ouverture du festival de livre pour la jeunesse de Montreuil, cela fait du bien de relire ces classiques d’enfance pour mieux comprendre certaines aberrations de Grands …