La couleur des âmes

Après le Rapport de Brodeck, j'avance à rebours dans les écrits de Philippe Claudel en venant d'achever Les âmes grises, prix Renaudot en 2003 et porté à l'écran avec Jean-Pierre Marielle notamment.
J'y ait retrouvé une atmosphère de guerre, la première cette fois là et la même délicatesse à savoir décrire les petites et grandes ignominies des hommes qui se sont accomodés de la violence quotidienne, de celle des autres et de la leur...
L'écrit toujours constitue le support de cet ouvrage, jeu de poupée-russe où ceux qui écrivent se dévoilent par le détour des pages, au moment attendu mais en cueillant le lecteur pourtant avec ce style naturel qui portraitise chacun et fait vivre la fiction avec autant de réalisme...
L'absence de l'être aimé, réelle, imaginaire et comblée par le leurre de l'écrit justement demeure un des sujets centraux de l'ouvrage, et la peinture de la vie humaine se métaphore et s'achève sur ce dégradé de gris qui ne fait de personne ni tout à fait une ordure, ni tout à fait un saint... juste une âme grise de plus...
PS : Hasard ? Le dernier poilu s'en est allé hier soir...Lazare Ponticelli...ne va plus rester que les mots et les images pour témoigner
Par poissonchat, Mercredi 12 Mars 2008 à 23:54 GMT+2 dans Le lait de la louve (article, RSS)






