Plante fatale

Dimanche dernier, je me suis levée toute guillerette car javais appris de la bouche de ma voisine honnie, et alors que je tentais de lui échapper dans la semaine en mimant l'apoplexie sous mes paquets de course à jeter bien vite dans ma demeure, que cette dernière allait laisser appart' vide pendant deux grandes semaines de congés lointains...
Ah, je me voyais déjà pouvant écouter un film au delà de 22 h sans paranoia, dormir même du sommeil de la bienheureuse sans que cette furie n'abreuve d'insultes et de noms d'oiseaux un quelconque mâle de sa basse-cour, tout ça sur les coups de 2h' du mat', bien sûr...
C'était sans compter sur son petit cadeau d'aurevoir car le dimanche matin, en fermant ma porte pour aller chercher son petit choco-pain à ma dulcinée, je me suis faite piégée par la blonde-déguisée-en-brune qui se mit à me raconter ses mille et un malheurs de dernière minute : comme quoi "on" devait venir la chercher en voiture et que le "on" s'était foulé le poignet (c'est ça, il a dû se rendre compte du Q.I du paquet et ne pas trouver que ça valait la peine de sacrifier une grasse mat' pour ça oui!), un autre chevalier servant s'étant bien proposé mais il demandait, ouh l'impudent! une contrepartie en nature : petit déjeuner et "davantage, si vous voyez ce que je veux dire!!"...
-Ah la garce ! Elle a encore trouvé le moyen de me suggérer ses frasques à quatre pattes tout en prenant un air offusqué !-
Je me rabattais donc en crabe vers l'escalier, en optant pour la technique du dodelinement compassionnel de la tête (ou technique du chien affirmatif sur la plage arrière...) quand elle me demanda soudain si je voulais bien lui rendre un service et m'occuper de sa plante verte en son absence (car bien sûr, ses parents qui avaient accepter la mission venaient JUSTE de passer leur tour de se coltiner le boulet), et de suite, elle jeta ses escarpins talon 30 cm de côté pour ses chaussons en peau de muppet et alla me chercher sa plante verte au fin fond d'un appart encombré de verroteries et tissus à foison....
J'étais bouche-bée, sciée d'un tel culot, sur le pas de sa porte, et constatant que la courge avait comme sac de voyage l'ancienne version énorme sans roulette et je ne voyais pas comment elle allait pouvoir se coltiner ça jusqu'à une station de taxi quand elle réapparut soudain, après un bruit de verre cassé et de multiples jurons faisant le tour avec ses bras d'une plante verte.
Enfin, un maousse pot ou essayait de survivre une plante verte de race inconnue, du diamètre de ma télévision avec des pauvres branches dépouillées mais grandissimes, toutes prêtes à me crever un oeil...
Là, j'ai repensé au film fantastique et kitsch du créateur des dits Muppets : La petite boutique des horreurs, et j'ai songé que cette chose ne devait pas être un véritable végétal au vu de toutes les em-----que sa maitresse me procurait, ça devait être le résultat d'une expérience top secrete qui me boufferait toute crûe dans la nuit ou deverserait une armée de petites arraignées sadiques sur ma moquette...
J'ai donc eu un haut le coeur salvateur et refusa tout net de prendre en charge la plante fatale, la fourgant illico-presto à ma concierge (laquelle, lasse des lubies de ses locataires, la prit sans broncher, se la bouffant au passage dans la tête, comme anticipé par votre serviteur)
Sur ces entrefaites, avant qu'one once de compassion me titille l'esprit en me soufflant d'aider la pauvre courge en escarpin à traîner sa maisonnée-sur-sac dans un taxi, je me suis enfuie au plus vite, fière d'avoir pousser le NON d'une nouvelle ère :
"Non, non, fini : les courges ne me transformeront plus en légume sans volonté !"
Par poissonchat, Jeudi 16 Aout 2007 à 16:02 GMT+2 dans Nos ennemis nos voisins (article, RSS)






